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VIH/SIDA : voici comment se fait la prise en charge des enfants séropositifs

Le VIH (Virus de l’Immunodéficience Humain) ne s’attaque pas qu’aux personnes adultes. Se transmettant de la mère à l’enfant, il existe des bébés et des enfants porteurs du virus. Mais tout comme chez les adultes, un dépistage et une prise en charge précoce permettent de garantir à l’enfant un avenir sûr.

Le Dr Emmanuel Denis Kolié, médecin au Centre Dream de Dixinn, explique que le dépistage peut se faire six semaines après la naissance du bébé ou plus d’un an après la naissance. Mais dans tous les cas, si le test est positif, des Antirétroviraux (ARV) sous forme pédiatrique existent et peuvent permettre une bonne croissance chez l’enfant. « Pour les enfants qui sont nés de mère séropositive, directement, nous faisons le test PCR lorsque l’enfant a moins de six semaines à la recherche de l’ADN du virus. Si le résultat est positif, automatiquement, nous mettons l’enfant sous les ARV. Chose qui permet une bonne croissance et une bonne nutrition chez l’enfant, puisque le VIH et la malnutrition sont deux voisins », explique-t-il.

Dans le cas où un enfant est dépisté plus tard et testé positif, il est également mis sous traitement ARV. « Lorsque l’enfant a un ou deux ans, par exemple, nous faisons son dépistage sérologique. S’il est positif, nous le mettons aussi sous les ARV et cela lui permet une bonne croissance », ajoute Dr Kolié.

Élisabeth Zézé Guilavogui – Contributrice Génération qui ose

SIDA : les ARV dédramatisent le redoutable virus !

Avec l’apparition de la pandémie de Covid-19, la lutte contre le VIH/SIDA  semble reléguée au second plan par de nombreux acteurs intervenant dans le domaine de la santé. Pourtant, cette redoutable maladie continue de ronger certains de ses porteurs lorsque le suivi des séropositifs n’est pas bien assuré. Le Dr Emmanuel Denis Kolié est médecin au Centre Dream de Dixinn. Il insiste sur la nécessité du dépistage précoce et l’utilité des Antirétroviraux (ARV).

Le VIH (Virus de l’immuno-déficience humain) est une maladie qui s’attaque au système immunitaire de l’homme. Il se transmet par trois voies : la voie sanguine, les rapports sexuels et la voie mère et enfant. Incurable, il peut pourtant faire l’objet de traitement lorsque le virus est dépisté de manière précoce et que la prise en charge est faite très tôt. Cela permet à son porteur de vivre plus longtemps et « normalement ».

Aujourd’hui, avec la multiplication des centres de dépistage et de  prise en charge des malades, plusieurs structures sanitaires s’occupent du VIH/SIDA, poursuit Dr Emmanuel Denis Kolié. « Actuellement, dans tous les hôpitaux préfectoraux, il y a des centres de prise en charge des séropositifs. Par exemple, à Sonfonia à Conakry, il y a un site où les gens peuvent aller se faire dépister et prendre les médicaments », informe-t-il.

Le traitement ARV…

Ce traitement fait appel à des molécules, précisément appelées Antirétroviraux (ARV), qui permettent à la personne vivant avec le VIH de vivre comme une personne « normale ». « Elle avoir des rapports sexuels non protégés sans contaminer, avoir des enfants, prolonger son espérance de vie et éviter les petites maladies qui peuvent surgir autour du VIH (…) Plus la personne prend très bien les médicaments, plus la personne est épargnée de beaucoup de maladies opportunistes. Elle a plus de chances de vivre très longtemps », rappelle Dr. Kolié.

Il précise d’ailleurs que ce n’est pas le VIH qui conduit à la mort, mais « les maladies opportunistes qui conduisent vers la phase SIDA et la mort » lorsque le VIH n’est pas pris en charge. « N’ayez pas peur d’aller vous faire dépister. Seul le dépistage nous permet de confirmer la maladie. Les signes sérologiques chez les grandes personnes et l’examen virologique chez les nouveau-nés nous permettent de confirmer l’existence du virus dans l’organisme. J’invite tout un chacun à se faire dépister autant que possible », a-t-il recommandé, en guise de conclusion.

Élisabeth Zézé Guilavogui – Contributrice de Génération qui ose

Guinée : le viol présumé d’une jeune fille par un chanteur relance le débat sur le consentement sexuel des mineures

En début de semaine dernière, une affaire de viol sur mineure, impliquant un célèbre artiste de la musique urbaine guinéenne a défrayé la chronique. Ansoumane Traoré, plus connu sous son nom d’artiste Ans-T Crazy, est accusé d’avoir abusé sexuellement d’une mineure âgée de 15 ans. Ce cas présumé de viol aurait été suivi d’une grossesse, d’un avortement et enfin du placement d’un implant comme méthode de contraception sur la fille afin qu’il continue d’abuser d’elle sexuellement. 

Le 12 janvier 2023, le Pr Hassan Bah, médecin-légiste qui a examiné la présumée victime, a révélé quelques informations contenues dans le rapport médical. « La fille avait eu la défloration depuis. Et, elle entretenait des relations [sexuelles]. Il y a eu également des signes qu’on a constatés qui s’apparentent à un avortement (…) Nous confirmons les signes qui sont en rapport avec un avortement récent (…) Nous avons donné les éléments en rapport avec la pénétration sexuelle. Il appartient au juge de qualifier le viol. Nous, nous parlons d’agression sexuelle mais on a donné des éléments en rapport avec cette agression sexuelle et les lésions qu’on a retrouvées sont constitutives d’un viol », avait-il expliqué lors d’une intervention dans l’émission Les Grandes Gueules, diffusée sur les antennes du groupe Hadafo Médias.

L’artiste, qui n’a encore fait aucune communication sur le sujet, avait été placé en garde à vue dans un premier temps, avant de regagner son domicile le lundi 16 janvier. Il a, par la suite, été placé sous contrôle judiciaire et sommé de déposer tous ses documents de voyage. Après avoir été entendu par les magistrats, Ans-T Crazy a également été interdit de concerts et de sortie hors de la ville de Conakry.

Me Abdourahmane Dabo, avocat de l’artiste, a salué cette décision qu’il a qualifiée de « triomphe du droit et pas d’une personne », avant de préciser qu’on ne « peut pas parler de procès pour le moment ».

Du côté de la présumée victime, c’est silence radio. D’ailleurs, la jeune fille et sa mère restaient introuvables au moment de la publication de cet article.

Une affaire qui relance le débat sur le consentement sexuel des mineurs

En Guinée, des agressions sexuelles perpétrées sur des jeunes filles ou parfois même des bébés par des personnes majeures sont régulièrement rapportées dans les médias. Cette nouvelle affaire, impliquant cette star de la musique urbaine guinéenne, relance le débat sur le consentement d’une mineure lors de rapports sexuels avec une personne majeure.

Le journaliste spécialiste en Droit, Kalil Camara, souligne qu’un.e mineur.e peut consentir à une relation sexuelle au regard de la loi mais uniquement sous certaines conditions. « Conformément à l’article 1er du Code de l’enfant, le mineur est tout être humain âgé de moins de 18 ans. Et cette loi en son article 818 n’écarte pas les éléments constitutifs du viol posés par l’article 268 du Code pénal qui sont violence, contrainte ou surprise, parce qu’il s’agit d’un.e mineur.e. Toutefois, la loi pose une particularité aux niveaux de ces éléments constitutifs lorsque les faits concernent un.e mineur.e et un majeur. C’est que la contrainte qui est un des éléments constitutifs du viol peut résulter de la différence d’âge entre un enfant et l’auteur des faits et de l’autorité de droit ou de fait que celui-ci exerce sur cet enfant. Alors le viol peut être retenu s’il se trouve que l’âge entre l’enfant et l’auteur des faits a été un facteur de contrainte. Par ailleurs, une fille de 15 ans ou plus peut avoir une relation consentante avec un garçon de 17 ou 18 ans. Ce garçon ne commettra pas de viol si les éléments énoncés à l’article 818 ne sont pas déterminés, sans oublier que la différence d’âge ne peut être retenue à ce niveau. Or sur la base de l’article 549 de la même loi, la responsabilité pénale est fixée à 13 ans. Un garçon de 16, 17 ans ou plus n’est pas dispensé de la responsabilité pénale. Donc, il peut bien commettre le viol — comme un majeur — s’il use de la violence ou la surprise ou d’une contrainte autre que la différence d’âge. Mais sans ces éléments, la relation sexuelle est considérée consentante bien que ce soit avec une autre mineure », a-t-il expliqué.

Elisabeth Zézé Guilavogui

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