Les violences basées sur le genre (VBG) sont une problématique mondiale qui nécessite des actions concrètes et des investissements ciblés pour être efficacement combattue. Nous avons recueilli des propositions d’activistes engagées dans cette lutte pour identifier, selon elles, les domaines prioritaires d’investissement.

Aminata Pillimini Diallo, journaliste fondatrice de Actu-elles.infos, activiste et féministe

« Je pense qu’il faut investir dans beaucoup de domaines. D’abord dans l’éducation parce qu’il faut éduquer les filles pour qu’elles puissent comprendre ce qu’elles sont, leurs droits et comment se défendre et dénoncer. Il faut investir dans les ONG en les dotant de moyens financiers et techniques pour qu’elles puissent prévenir et aider. Il faut doter des institutions nationales comme l’OPROGEM et la brigade de Belle-vue de moyens techniques et financiers aussi pour qu’elles puissent agir dès qu’il y a un cas où on les interpelle. Et il faut investir dans la formation de ces agents de police pour qu’ils sachent ce que sont les droits des femmes, les violences faites aux femmes, comment agir et comment aider une victime. Il faut investir dans la formation des ONG et des agents des OSC. Il faut investir sur les filles qui sont de probables victimes et sur les personnes qui aident les victimes, mais surtout investir dans l’autonomisation des femmes car les femmes non autonomes sont les plus à risques d’être victimes de violences ».

Ramata Baldé, blogueuse et activiste

« Il demeure important d’investir dans l’éducation des jeunes filles notamment dans les zones rurales où elles sont encore victimes de déscolarisation, entraînant souvent les mariages précoces et forcés, sources de violences physiques et morales. Il faut investir dans leur éducation en construisant des écoles et centres de formation, en leur donnant accès à des outils scolaires, en sensibilisant les parents et enseignants sur l’importance de la scolarisation des jeunes filles, en veillant à leur insertion professionnelle. Il faut investir dans l’entreprenariat féminin et ainsi participer à l’autonomisation des femmes. Il est important de favoriser l’indépendance financière des femmes car cela favorise les relations d’équité.

Il y a aussi l’empowerment des femmes. Il s’agit de les accompagner dans leurs projets, de créer un environnement favorable à leur épanouissement, un cadre de sécurité, d’inclusivité et d’égalité, en un mot de leur donner le pouvoir de s’affirmer. Investir dans les projets d’empowerment des femmes, c’est donner un souffle nouveau au combat contre les violences à leur égard.

Il faut aussi donner accès aux femmes à des soins de santé de qualité et des centres adéquats où elles pourront non seulement se soigner, mais aussi être libres d’exprimer leurs inquiétudes vis-à-vis de leur sexualité. Dans le même volet, il faut investir dans l’éducation sexuelle qui est une grande arme pour lutter contre les violences. Il faut que les femmes soient assez outillées pour vivre leur sexualité de manière épanouie et se protéger de toute sorte d’abus ».

Nènè Mohamad Bella Diallo, étudiante et chargée de l’information et de la communication de l’Association des Jeunes Leaders pour l’Hygiène

« Premièrement, il faut investir dans l’éducation, ça ouvre plein d’opportunités et permet à la femme d’avoir confiance en elle. Donc de là, que la violence soit verbale ou non, elle connaît ses droits et saura quoi faire pour éviter cela. Deuxièmement, il faut investir dans la sensibilisation pour les amener à dénoncer les violences qu’elles subissent. Troisièmement, il faut investir dans l’entrepreneuriat car si les femmes gagnent par elles-mêmes, elles n’auront pas besoin de se soumettre à un quelconque chantage.

Mais le plus important, c’est de montrer aux femmes que leurs voix comptent, que si elles ont un problème, il y a où se plaindre sans crainte de représailles, donc il faut beaucoup faire parler les ONG. Il faut aussi qu’elles apprennent la boxe. Comme ça, un homme n’osera pas s’arrêter devant elles pour tenter de les violer. Il faut également penser à la justice par l’application des textes de lois car il y a là un gros dysfonctionnement. Il faut enfin investir dans la technologie car il y a des applis de prévention ou d’appel à l’aide ».

Kadiatou Konaté, activiste et ancienne Directrice exécutive du Club des Jeunes Filles Leaders de Guinée

« Pour prévenir les violences à l’égard des femmes, j’estime qu’il est important d’investir dans l’information sur les questions de violences basées sur le genre tant au niveau des femmes que des autres personnes. Cette information est à deux niveaux : l’information sur leurs droits et l’information sur les services de recours en cas de besoin. Ce sont les services de protection qui existent dont l’OPROGEM. Il faut aussi investir financièrement dans les infrastructures de bases et de services de protection (médecine légale, services de prise en charge…) et rendre accessibles ces services de protection dans toutes les communautés afin que la prise en charge des victimes soit de manière effective ».

Propos recueillis par Elisabeth Zézé Guilavogui

Génération qui ose est une plateforme d’informations et de sensibilisation sur la santé de la reproduction des adolescents et des jeunes (SRAJ), de promotion de l’émancipation des femmes et de lutte contre les violences basées sur le genre. Ce projet est porté par l’Association des Blogueurs de Guinée (ABLOGUI) en partenariat avec le Fonds des Nations-Unies pour la population (UNFPA) et le ministère guinéen de la Jeunesse. Suivez-nous également sur les réseaux sociaux avec le hashtag #GquiOse.

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