Dansoko Sékou Somita, l’homme qui répare les fistules et redonne l’espoir aux femmes

Quand je vois le docteur Dansoko, mon coeur est dans la joie, il m’a enlevé dans la honte…” témoigne Fanta Sangaré, survivante de la fistule obstétricale, soignée par le Docteur Dansoko.

Au cœur de la région de Kankan, au nord-est de la Guinée, à un peu plus de 600 km de la capitale guinéenne, la fistule obstétricale demeure une condition dévastatrice, isolant socialement les femmes et les privant d’une vie normale. Mais grâce à l’engagement d’un homme et à ses efforts incessants, de nombreuses victimes de fistules ont retrouvé une vie normale.

Sékou Somita Dansoko est un médecin gynécologue qui a consacré sa carrière à réparer les victimes de fistules, dans un milieu où cette maladie demeure un fardeau social et émotionnel, laissant les femmes marginalisées, rejetées et stigmatisées. Le docteur Dansoko est motivé par une seule chose, “redonner le sourire aux survivantes de fistule”.

L’engagement de cet homme pour l’éradication de la fistule obstétricale commence en 2009, à l’issue d’une formation en réparation de fistule, organisée par le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique avec l’appui du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA).

De 2009 à 2012, nous avons conduit au moins 9 campagnes de réparation de fistule dans la région de Kankan” raconte le Docteur Dansoko, le sourire aux lèvres. Dans chaque campagne de réparation, au minimum, 25 femmes sont opérées avec un taux de réussite avoisinant toujours les 90%. Les femmes sont toujours heureuses quand elles sortent de cette maladie après la réparation comme l’exprime Adama Doumouya : “la maladie que j’avais m’a éloignée des gens, ça m’a isolée, c’est Dansoko qui m’a soignée”.

A l’issue des bons résultats obtenus dans sa région, le docteur Dansoko a été sollicité dans les autres régions du pays pour donner la main à ces collègues chirurgiens. Aujourd’hui, après plusieurs années de travail acharné, le docteur Dansko et son équipe ont intégré la prise en charge de la fistule obstétricale dans le paquet minimum des soins de santé disponibles à l’hôpital régional de Kankan. Une première dans le pays qui est en train de faire tâche d’huile dans d’autres régions.

A Mamou, après plusieurs passages du Dr Dansoko qui nous a beaucoup appuyé dans les campagnes de réparation de la fistule, nous avons décidé d’intégrer ce soin dans les services de routine” témoigne le Dr Sékou Diallo, médecin gynécologue à l’hôpital régional de Mamou.

Les services de réparation de la fistule vont au-delà d’une action médicale. Conscient de l’impact dévastateur de cette condition, Dansoko accompagne aussi ces femmes pour leur réintégration dans la société. “Après ma guérison, j’ai eu un autre enfant, il est venu me voir….” affirme Fatoumata Camara, le visage rayonnant de joie et de reconnaissance.

Bien que les visages de ces femmes guéries racontent une histoire de résilience, d’espoir et de transformation; le chemin vers l’élimination totale de la fistule obstétricale reste parsemé d’obstacles.

Dans le monde, on estime qu’un demi- million de femmes vivent avec la fistule obstétricale. Plusieurs pays de l’Afrique au Sud du Sahara restent très touchés par cette maladie qui provoque une forte ostracisation chez les victimes. Selon le document de la stratégie de l’élimination de la fistule en Afrique de l’Ouest et du Centre, le nombre de femmes victimes de la fistule obstétricale en Afrique de l’Ouest et du Centre est compris entre 600 000 et un million par an.

En Guinée, la fistule obstétricale est un problème de santé publique. Selon l’enquête démographique et de santé (EDS) de 2018, 4,1 % des femmes sont touchées par cette maladie, soit environ 124 000 femmes en âge de procréer.

Le travail des professionnels de santé comme le docteur Dansoko aide à faire avancer et à redonner espoir aux femmes qui souffrent de cette maladie.

Par UNFPA Guinée

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