16 jours d’activisme : AFELDGUI organise un panel sur la lutte contre les violences basées sur le genre

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Du 25 novembre au 10 décembre, le monde célèbre les 16 jours d’activisme, placés sous le thème « Orangez le monde ». A cette occasion, l’Association des Femmes et Filles Leaders pour le Développement de la Guinée (AFELDGUI) a organisé le samedi 4 décembre 2021 dans l’amphithéâtre de l’université UNIC de Lambanyi un panel sur la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG), animé par Me Aissatou Sacko, magistrate et juge au Tribunal pour enfant de Conakry et Oumar Bantanko, ancien président de la Jeunesse musulmane de Guinée.

Les échanges, qui ont connus la participation de nombreux étudiants, étaient axés sur le « Rôle et implication des acteurs/actrices dans la lutte contre les violences faites aux femmes » en Guinée. En outre, plusieurs autres points ont été abordés pendant les discussions.

Un rappel sur les VBG

Pour les spécialistes, à travers le monde, les femmes sont celles qui souffrent le plus de violences basées sur le genre. Ces violences sont psychologiques, économiques ou encore physiques que sont entre autres le viol, les séquestrations. L’abandon de famille, le harcèlement sexuel, le mariage précoce et/ou forcé constitue également des violences à l’égard des femmes. Dans son intervention, Me Aissatou Sacko a souligné que le proxénétisme – bien qu’on n’en parle pas souvent – relève également des VBG de même que d’autres formes d’exploitations telle que la mendicité.

Des voies et moyens pour mettre fin aux VBG….

Il y a des voies et moyens permettant de minimiser les VBG. L’éducation est certes très importante et doit être encouragée chez les femmes mais aussi il faut promouvoir la concurrence dans les études, car la femme n’étudie pas « en attendant » son mariage mais elle étudie au même pieds d’égalité que l’homme, estime Oumar Bantanko. « Parce que, insiste-t-il, lorsque la fille sait dès son bas-âge qu’elle étudie en attendant son mariage, elle sera affectée psychologiquement. Donc, le premier rempart contre les VBG, c’est la bonne formation des femmes ! »

Poursuivant, il a estimé que la lutte contre les violences basées sur le genre passe par l’éducation. « Car quelqu’un qui a reçu une bonne éducation ne peut pas violer une fille. Nous avons donc un grand défi d’éducation dans ce pays », a-t-il indiqué ; soulignant que les lois ne sont pas appliquées à la rigueur. « Or, a-t-il insisté, pour que nous vivions dans une société apaisée, il faudrait que les coupables soient sanctionnés ».

Reprenant la parole, Me Aissatou Sacko a déclaré que même si on ne peut pas dire qu’on ne peut pas mettre fin aux VBG, il sera toutefois difficile de le réussir. « Parce que cela tient de la nature de toute la société (…) Cependant, on peut fortement les réduire », a-t-elle fait remarquer.

Pour cela, elle recommande la mise en place d’une politique pénale sévère vis-à-vis des auteurs de ces violences. Me Aissatou Sacko propose la formation et l’équipement des officiers de police judiciaire qui doivent mener les enquêtes sur les violences basées sur le genre.

Par ailleurs, a déclaré la panéliste, il faut sensibiliser les femmes afin qu’elles traduisent leurs bourreaux devant la justice. Cela est indispensable dans la lutte contre les VBG. « Le silence rend les choses très difficiles et très complexes. Donc, il faut sensibiliser les femmes à ce qu’elles osent traduire leurs bourreaux en justice », a encouragé Me Aissatou Sacko, soulignant que « souvent les autorités judiciaires et les auxiliaires judiciaires ne sont pas au courant de ce qui se passe dans les familles. Et aussi dans la plupart des cas elles ne s’ auto-saisissent pas même si la loi leur permet de le faire. Elles ne le font pourtant pas ».

En outre, elle a encouragé à ce que les hommes soient sensibilisés ; car les VBG ne sont pas seulement propre aux femmes. « Les hommes aussi sont impliqués. Il faut sensibiliser les hommes sur les conséquences de leurs actes, car ils doivent savoir qu’ils risquent de passer des années en prison à cause de tels actes. Et cela a un caractère dissuasif sur d’éventuels candidats délinquants », a conclu la magistrate.

C’était un panel très « satisfaisant »

Au sortir du panel, Salimatou Bah, la présidente de l’AFELDGUI, a confié ses sentiments.  « Je suis vraiment satisfaite de ce panel. Je suis très contente parce que j’ai vu la participation des uns et des autres (…) Bien qu’on avait une thématique qui est très spécifique, on a eu l’implication des hommes mais aussi des femmes. C’est comme ça qu’on peut mettre fin aux violences faites aux femmes. Il faut qu’il y ait l’implication des hommes pour qu’on travaille en synergie d’action pour un monde meilleur. Je pense que petit à petit on va gagner ce combat », a-t-elle confié.

Alpha Oumar Baldé

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