Dans le cadre de la campagne « 16 jours d’activisme » pour la lutte contre les violences faites aux femmes, l’ONG Alliance des jeunes pour la cause des femmes (AJCF), appuyée par Global media campaign to end FGM et ses partenaires, a initié des actions de sensibilisation sur l’abandon des mutilations génitales féminines (MGF) à N’zérékoré, en Guinée forestière.

Pendant ces 16 jours d’activisme menés sur le terrain mais aussi sur les réseaux sociaux Facebook et Twitter, l’ONG a diffusé de messages de sensibilisation en même temps qu’elle sillonnait les rues de N’zérékoré…

Pour en savoir plus sur les actions menées sur le terrain et les pistes de solutions contre ces phénomènes, Génération qui ose a rencontré deux de ses membres, Augustine Gamy et Éveline Koffi, respectivement présidente et membre de la structure. Interview…

Génération qui ose : Quelles ont été les actions phares que vous avez menées pendant ces 16 jours d’activisme ?

Augustine Gamy : Durant ces 16 jours d’activisme, nous avons travaillé sur la réalisation des capsules vidéos sur les causes et les conséquences des mutilations génitales féminines, mais aussi sur la réalisation des tables rondes.

Éveline Koffi : Nous n’avons pas encore terminé complètement nos activités sur le terrain. Toutefois, nous avons accompli beaucoup d’activités dont entre autres : des appels à l’action sociale pour la distribution de machines à coudre pour les filles et mères de familles dans les salons de coutures. Ainsi, nous avons distribué des machines à coudre et aussi nous avons donné des fauteuils roulants aux personnes à mobilité réduite et aux personnes vulnérables…

Quelles approches innovantes proposez-vous pour mettre fin aux mutilations génitales féminines au sein des communautés ?

Augustine Gamy : Nous proposons les pistes de solutions suivantes :

  • Créer des activités génératrices de revenus pour les femmes exciseuses ;
  • Impliquer les parents et les autorités communautaires dans la lutte contre les MGF ;
  • Vulgariser dans les langues locales les textes et les lois sur les VBG pour les communautés.

Éveline Koffi : Ce qu’on a proposé, c’était d’organiser des séances de sensibilisation et d’organiser des cérémonies d’initiation des jeunes fille sans « mutilations » proprement parler. Nous proposons aux femmes ou vieilles exciseuses qui disent que c’est grâce à la pratique de l’excision qu’elles arrivent à subvenir à leurs besoins, « à gagner à manger » en changeant la donne. On change la donne pour que, oui, elles organisent pendant les vacances des séances d’initiations pour enseigner aux enfants. Comme ça on leur dit : « Vous continuez à avoir votre gagne pain à travers l’enseignement et la tradition, mais en contrepartie vous abandonnez la pratique de l’excision (…) C’est bien d’organiser des cérémonies d’initiation des jeunes filles mais qu’il n’y ait surtout pas d’excision, qu’il n’y ait pas d’ablation ! »

Quel est votre message à l’endroit des parents et des autorités pour l’abandon des mutilations génitales féminines en Guinée ?

Augustine Gamy : Les mutilations génitales féminines, en plus de la douleur corporelle pendant l’excision, peuvent aussi infliger à la femme des complications pendant l’accouchement, provoquer des infections sexuellement transmissible et aussi elle peuvent rendre la femme stérile. Donc, pour lutter contre ce fléau, il faut une forte implication des parents et des responsables à tous les niveaux, pour faciliter l’éradication définitive des MGF en Guinée.

Éveline Koffi : Mon message à l’endroit des familles, des parents, c’est de leur dire que les mutilations génitales féminines ne sont pas bonnes pour la santé. Et elles ne sont recommandées ni par le Coran ni par la Bible, où elles n’y figurent nulle part. Les parents doivent savoir que l’excision peut causer des saignements chez les femmes pendant l’accouchement et même dans certains cas causer la mort. Quant à l’État, il doit faire appliquer les lois qui existent et que les personnes qui pratiquent l’excision soient traduites en justice.

Propos recueillis par Alpha Oumar Baldé

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