Retour sur la journée de don de sang organisée par l’APAC, avec Asmaou Barry

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Au cours du  mois de mars, dédié aux droits de la femme, plusieurs actions ont été menées pour toucher du doigt les problèmes auxquels les femmes sont confrontées, et contribuer à les résoudre. En 2019, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé qu’environ 830 femmes meurent chaque jour dans le monde du fait des complications liées à la grossesse ou à l’accouchement.

Pour accompagner leurs « sœurs » pendant cette période difficile, les femmes réunies au sien de l’Association des professionnelles africaines de la communication (APAC) ont organisé, le 29 mars 2021, une journée de don de sang, dans le hall de la Radio télévision guinéenne (RTG), à Conakry. Afin d’en savoir davantage sur cette activité humanitaire, Génération qui ose a rencontré la présidente de l’APAC. Dans cet entretien, Asmaou Barry parle de « droit moins débattu » qu’est la santé de la reproduction…

Génération qui ose : Parlez-nous de cette activité de don sang que vous avez initiée ?

Asmaou Barry : Dans le cadre de la célébration de la journée internationale des droits femmes, nous avons initié un certain nombre d’activités, parmi lesquelles cette opération de don de sang.  Nous sommes dans un mois au cours duquel les droits des femmes sont revendiqués. Et justement, nous avons parlé d’un droit qu’on ne parle pas souvent : c’est le droit à la santé de la reproduction. Nous sommes parties de ce constat : il y a plus de femmes qui arrivent dans les maternités, qui sont en couche ou en état de travail avec des complications. Elles ont besoin de sang. Malheureusement, souvent, leurs proches ont besoin de courir de gauche à droite pour essayer de trouver une poche de sang ici et là. C’est trop compliqué souvent. Le temps que ça prend peut être long. Et, si les complications s’accentuent, la femme peut en mourir. Donc, c’est pour pallier cela que nous, en tant qu’organisation féminine, mais aussi organisation professionnelle et organisation membre de la société civile en part entière, nous avons pensé qu’il faille organiser cette journée, afin de déclencher un déclic auprès de tous les citoyens de façon générale, mais aussi des organisations socio-professionnelles et acteurs de la société civile en particulier pour qu’on puisse initier même si c’est une fois par an par organisation. Cela fera beaucoup de journée de don de sang qu’on peut faire et permettre au Centre de transfusion sanguine qui est le service habilité à distribuer le sang au niveau des centres hospitaliers et les maternités pour donner les poches de sang à qui de droit. Voilà pourquoi nous avons initié cette journée. On espère que d’autres organisations socio-professionnelles vont suivre l’initiative. Ça peut être les avocats, les journalistes, les médecins et n’importe quelle couche socio-professionnelle. N’importe quelle couche ou organisation socio-professionnelle peut l’envisager et faire autant.

Le plus souvent, les gens se plaignent du fait que certains hôpitaux refusent de donner du sang, même s’ils ont une réserve et exigent que les parents ou proches du malade en donnent, est ce que vous pensez que le sang que vous êtes en train de collecter arrivera aux bénéficiaires ?

Pour cette activité, nous avons voulu aller en partenariat avec le Centre national de transfusion sanguine, qui est le service habilité à collecter du sang et à le redistribuer au niveau des centres hospitaliers. Nous faisons entièrement confiance à ce service et espérons que les poches de sang collectées bénéficient aux personnes qui sont dans le besoin. Car, moi, j’ai donné mon sang à zéro franc, donc j’espère que le patient qui le recevra, le recevra à zéro coût. C’est vrai que souvent quand on veut du sang, généralement, on demande à un ou deux proches du patient de donner du sang. Moi, je comprends cette démarche. Convenons qu’il n’y a pas trop souvent des dons de sang. Donc, le peu qu’il y a, a besoin d’être renouvelé. Ce qu’ils peuvent, c’est de demander à chaque fois que quelqu’un a besoin du sang, c’est de compenser le sang que vous allez récupérer. Moi, je comprends cette démarche, même si ce n’est pas tout le monde qui l’appréhende ainsi. C’est pourquoi, il faudrait qu’il y ait tous les jours des volontaires qui vont donner du sang, afin qu’on ne soit pas chaque fois obligés pour avoir une poche de sang ou deux de donner. Même, si c’est important d’amener les gens à donner leur sang. Mais s’il y a suffisamment de poches de sang en banque, je ne pense pas que cela restera un impératif pour avoir des poches de sang. Donc, pour pallier à cette situation que beaucoup décrivent, il faut donner du sang régulièrement. Quand il y aura une grande quantité de sang, peut-être que donner le sang sera moins une option, quand on vient pour en chercher.

Quel est l’objectif que vous visez ?

L’APAC n’est pas à sa première expérience. Nous l’avions déjà organisé, il y a deux ans à l’hôpital préfectoral de Fria. Cette fois, nous le faisons à l’attention du Centre national de transfusion sanguine qui va se charger de distribuer le sang collecté, au niveau des centres hospitaliers et des maternités. Mais, comme je le disais à l’entame, c’est de déclencher le déclic auprès des autres pour qu’il y ait suffisamment d’organisations socio-professionnelles qui le donnent. Nous certainement, on va refaire l’expérience, puisque nous sommes à notre deuxième fois. Qui sait, peut-être dans un an, on va organiser une nouvelle journée de don de sang. En tout cas, nous en appelons aux autres organisations de le faire. Je pense que si chaque organisation le fait une fois par an, c’est déjà suffisant pour avoir une grande quantité en banque.

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